mardi 31 mai 2011

Capucines, melons et concombres citrons

Ma dernière récolte!*


Il y a 3 ans, j'ai découvert que jouer dans la terre, planter, semer, désherber, tailler, organiser, et créer était assez intéressant. Que ça me permettait de faire le vide, de me centrer, de prendre du recul. Que j'en perdais même la notion du temps.

Pour une maman débordée et un tantinet anxieuse, c'était une trouvaille des plus précieuses. En fait, j'y ai pris goût de jour en jour, de saison en saison et maintenant, j'aime tellement ça que je partage maintenant ce loisir avec mes enfants, particulièrement mon fils qui a un intérêt réel pour le jardinage et la nature en général alors que ma fille aime ça s'il y a une touche de rose et que les insectes sont en pause.

J'ai pourtant des antécédents prometteurs, mes grands-parents maternels étaient des cultivateurs et ma grand-mère avait une savoir encyclopédique des fleurs. Ma mère a toujours eu le don de transformer une cour banale et triste en un lieu accueillant, fleurit et intime. Mais moi, j'avais peur des bibittes (un voyage en Afrique a guéri cette maladie), peur de me salir et de suer! À 19 ans, après avoir passé un été à pelleter du fumier en Haute-Savoie et de m'occuper des plates-bandes de la mairie, je suis revenue écoeurée pour un bon 10 ans.

Alors qu'aujourd'hui, je fais des semis pour m'amuser et voir mes enfants s'émerveiller, j'ai même poussé ma chance en en faisant avec ma classe et celle de ma collègue, et même à 10 ans, je découvre que faire pousser ses propres fascine encore. Surtout quand ça pousse à raison de 2 cm en une petite journée de classe!

Je suis un peu triste quand je pense à mes plantes et mes arbres de notre ancienne maison. Ayant déménagé en hiver, j'ai tout laissé là-bas. Mes merveilleuses clématites, mes heuchères, mes graminées, mes oreilles d'agneau, mes pics-pics bleus, mes hostas, etc... En même temps, je me dis que c'est l'occasion de repartir en neuf, à tous les niveaux.

Heureusement, il y a aussi les amies qui nous offrent des vivaces et des plants pour notre jardin. Ce dernier est plus grand que mon ancienne cour, il mesure 24 pieds par 17 (pourquoi pas 16!?!). Il porte officiellement son nom de jardin-bonheur depuis aujourd'hui alors qu'il a accueilli mes nouveaux plants de légumes, de fruits et de fleurs comestibles. Aidée de Fiston, j'y ai même installé un système d'arrosage. C'est du sérieux!

J'avais plusieurs semences, mais je ne sais pas si nous allons y ajouter carottes, petits pois et oignons, il ne reste pas beaucoup de place et demain, c'est déjà le premier juin. Alors, pour le moment, nous avons 10 plants de framboises, 12 de fraises, de la rhubarbe, de la ciboulette, de la roquette, des concombre citrons, libanais et anglais, des tomates de toutes les couleurs, des cerises de terre, des tomatillos mauves, des citrouilles blanches et oranges, du melon d'eau et du cantaloup, des capucines, des vieux garçons, etc...

Ma maison est délaissée (façon polie pour dire que c'est le gros désordre!), je n'ai pas le goût de cuisiner et dès qu'il fait beau (plutôt rare), je joue dans mes fleurs. Il y en a tellement et c'est si grand. Je suis en période de stage, je fais des essais et des erreurs, mais le plus important, c'est que j'aime ça. Que c'est bon pour moi. Que ça me rend zen... Même si j'ai un vrai look d'habitante, que mes mains et mes pieds sont affreux, j'aime ça!

Et, le pire qu'il peut m'arriver, ce que le tout finisse au compost,
idéalement après consommation et sinon, en cas d'échec,
de sécheresse ou de maladie, avant...

* Mes beaux légumes viennent de la Ferme Mi-Vallée, à côté de chez moi. Si vous passez dans le coin, allez-y, ils sont délicieux!

jeudi 26 mai 2011

22

Félix et son vieux papa...


Depuis quelques semaines, Fiston a une fixation sur un certain nombre, soit le 22! Alors, à chaque fois que dans une conversation on parle de chiffre, de jour, d'âge ou de quantité, il répond toujours 22.

- Il est très vieux papa, il a 22 ans!
- Je veux 22 biscuits!
- C'est le 22 que je vais aller visiter mon école?
- Ils étaient 22...
- 22 ci, 22 de cela, etc...

Ça donne toutes sortes de situations qui nous font bien rire.
Et rire, ça fait tellement de bien, non?

mardi 24 mai 2011

À toutes les "Soccer Mon", je vous lève...


... Mon verre de Sangria!

La saison de soccer vient de commencer et je pense à vous toutes. Comme nous sommes extraordinaires de courir ainsi d'une pratique à l'autre, d'enfiler les maususses de longs bas, de laver tout cet équipement, de prévoir des repas rapides, des gourdes, de la crème solaire, du chasse-moustique, des jouets pour le plus jeune, des vestes, des imperméables, des chaises, des chapeaux, des collations pour les petits joueurs, de ne rien oublier avant, pendant, après, de se taper des enfants fatigués, sales et grognons, mais tellement fiers et heureux à la fois!

D'entendre des parents qui crient après leurs enfants, nos enfants (ha! Non!), le coach et la météo ou qui parlent sans arrêt des prouesses de leurs petits génis, de leurs nouveaux bateaux, de leurs spas ou je ne sais quoi encore (bon, j'exagère un brin!)... Des places de stationnement que l'on se dispute, du devoir qu'on a oublié, du bain qu'on sautera peut-être et surtout, du merveilleux moment où l'on pourra faire ouf!

Oui! Je vous le dis et redis, je nous trouve extraordinaire! Wikipédia a même une définition pour cette appellation qui nous identifie: Soccer Mon. Il faut croire que nous sommes nombreuses. Du moins, plus nombreuses que nombreux (allez les papas, manifestez-vous!). Et avec chaque enfant, le casse-tête se multiplie! Un enfant représente en moyenne une à deux pratiques par semaine plus une partie, alors quand vous avez plus d'enfants, ça se complique. Le papa de mon amie la trouve "un peu cinglée" de se promener ainsi, mais peut-on refuser à un de nos enfants son activité au profit d'un autre!?! Pas moi...

Alors, vaut mieux s'encourager et s'offrir une belle récompense à notre retour. Voici donc ma petite recette qui me fait saliver depuis samedi dernier et que je compte bien refaire tout au long de l'été: une sangria au vin blanc qu'on peut préparer en avance et garder bien au frais au frigo ou même la mettre dans une tasse isolante et l'apporter avec nous! Je ne dirais pas non à un petit café glacée au Bailey's une fois de temps en temps. Pour les plus grosses journées ou les grandes chaleurs, on peut évidemment faire des versions non-alcoolisées ou trouver d'autres boissons rafraîchissantes sur le site de Vivre délicieusement !

Alors, chères "Soccer Mon", je vous lève mon verre
et je vous souhaite une des plus belles saisons!
Cheers!!!


* Je suis une agente de liaison de Vivre Délicieusement et je reçois une compensation pour mon affiliation à ce groupe. Naturellement, comme toujours, les opinions de ce blogue sont les miennes!

lundi 23 mai 2011

Éditorial sur l'intégration scolaire


Alors, en ce petit lundi de congé (merci chers Patriotes!), un besoin énorme d'écrire vient enfin d'être comblé... Je viens de publier un texte sur ma vision de l'intégration sur mon blogue commun sur la dyspraxie et je vous le partage ici aussi. Il est long, très long... Si vous avez le courage de le lire, j'aimerais bien connaître votre vision personnelle des choses. Laissez-moi un commentaire pour que je puisse continuer ma réflexion! Merci et bonne semaine.

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L’intégration : trois versions, trois visions...

On parle souvent de l'intégration (en bien, en mal...), des étiquettes (en bien, en mal...) et de la médication (en bien, en mal...). Je ne ferai pas la démonstration des pour et des contres des trois sujets, mais j'aimerais plutôt vous partager ma réalité en toute simplicité dans quelques textes à saveur éditoriale.

Premièrement, au sujet de l'intégration, nous vivons à la maison trois versions différentes. En fait, notre système scolaire offre deux modèles: l'intégration dans une classe régulière avec des services (parfois présents, parfois absents...) ou l'intégration en classe à effectifs réduits intégrées dans une école dite normale (il existe aussi quelques écoles spécialisées, je ne connais pas le sujet).

Depuis son préscolaire, ma fille fréquente une classe d'adaptation scolaire, à effectifs réduits, en langage, dans une école de quartier . Elle participe aussi à des activités parascolaires de l'école comme tous les autres enfants et va au service de garde quelques jours par semaine selon notre horaire. Elle fut inscrite à plusieurs activités de loisirs de la ville ouvertes pour tous et c'est seulement depuis un an qu'elle pratique des sports adaptés: soccer, Gymn-Eau, etc... En septembre, elle ira encore à la même école pour consolider ses acquis et réduire son anxiété. Elle y sera véhiculée en berline.

Mon fils commencera son préscolaire (maternelle 5 ans) en août à l'école de notre nouveau village. Il sera donc intégré, avec une cote 99 (en attente d'un nouveau diagnostic) et j'attends une future rencontre avec la direction pour présenter mon fils, voir ce qu'ils prévoient comme service(s) pour vivre une belle intégration et surtout donner le goût de l'école à ce dernier. Attention, il a très hâte, il est curieux, il aime apprendre, mais je sais aussi que quand ça part mal en maternelle, c'est tout le parcours scolaire qui en souffrira... Heureusement, il a aussi eu des services de scolarisation 4 ans et une équipe, composée de son éducatrice spécialisée et d'une orthopédagogue, nous aidera pour la transition.

De plus, je suis aussi du beau monde l'éducation! J'ai vécu toutes sortes de situations d'apprentissages avec autant de clientèles différentes: préscolaires, primaires, secondaires, québécoises, inuit, adaptation scolaire, régulières, intégration officielle, intégration officieuse, etc... J'ai toujours eu une ouverture aux différences et même un certain talent avec les enfants qui nous arrivent avec un gros bagage tant au niveau académique que du comportement. Avant d'être moi-même un parent, mon principal objectif, bien avant les bulletins et les résultats (chiffrés, en % ou en lettres), c'était de voir les yeux briller de mes élèves. Tous mes élèves.

Vous savez, cette petite étincelle qui passe parfois trop rapidement dans le regard des enfants quand ils viennent de découvrir quelque chose ou enfin de comprendre quelque chose. Je carburais à ces petites étoiles... Je voyais mon métier d'enseignante comme celui d'une vendeuse d'idées et toutes les réussites, aussi petits soient-elles, étaient ma drogue, ma motivation.

Maintenant que je suis maman à mon tour, j'ai un énorme respect pour tous les parents. Ce n’est vraiment pas facile comme vocation... Et avec les devoirs, le travail et les extras (si comme moi, vos enfants ont des thérapies en ortho, ergo et cie), je trouve la conciliation très difficile. Ça demande énormément d'organisation, de patience et surtout d'amour. Et avec ma vie actuelle, je me retrouve avec mes propres enfants qui ont des besoins particuliers en plus de ceux que j'ai en classe. Je fréquente quelques collègues, je participe à la vie de l'école et je constate toutes sortes de situations. Des heureuses... Et des moins heureuses...

Parfois, c'est une question de diagnostic, combien d'enfants ne fonctionnent pas bien pour "x" raison, sans toutefois avoir des services auxquels ils auraient droit (ainsi que les parents) parce qu'ils ne sont pas encore identifiés et/ou évalués? Ensuite, il y a aussi une question d'acceptation: les parents se ferment les yeux (et je les comprends, ça fait si mal...), les enfants ne sont pas bien acceptés par leurs pairs et/ou le personnel enseignant. D'autres fois, c'est aussi une question d'ignorance. Il y a des gens qui s'en font trop mais aussi d'autres qui ne s'en font pas assez. Et ici, je ne parle pas seulement du parent ou de l'enseignant. Il y a un grand nombre d'adultes qui entourent un enfant et eux aussi peuvent sonner l'alarme: pédiatre, psychologue scolaire, éducatrice du service de garde ou de CPE, voisins, amis, famille, etc... Ne dit-on pas que ça prend un village pour élever un enfant?

Je croise encore des jeunes qui arriveront énormément hypothéqués au secondaire, avec plus d'un an ou deux de retard académique, mais aussi un estime personnel qui frise le zéros, alors que depuis qu'ils sont petits, ils travaillent fort, ils font de leur mieux, sans réussir... Il y a aussi les gauches, les brouillons, les lunatiques, les tannants, les fatigants, et tous les autres dont les différences les isolent de plus en plus. Dommage, ils commenceront leur secondaire et les chances de le quitter avant l'obtention du fameux diplôme seront des plus grandes sans parler de tous les troubles de comportement possibles.

Donc, comme maman, j'ai dû faire des choix, des deuils et des demandes pour mes enfants. Ils sont différents et ils ont des besoins différents, comme chaque enfant. Je ne suis pas rassurée pour autant, je connais les limites de notre système scolaire et celle de mon budget. Je ne peux pas offrir à mes enfants tous les services de réadaptation dont ils ont besoin au privé. Au public, les listes sont tellement longues et les règles changent d'année en année. Même si mes deux enfants ont seulement 19 mois de différence, les offres de service ne sont plus les mêmes. Et ce n'est pas parce que j'étais plus sensibilisée au deuxième que cela a été plus facile. Même avec une référence de ma pédiatre à ses 18 mois pour mon fils, il ne recevra pas ses premiers services de réadaptation avant ses 5 ans (ici, j'en aurai long à partager...).

Tout ça pour dire que je crois qu'il n'y a pas un seul modèle d'intégration possible ni souhaitable. Que chaque enfant est différent et qu'il a des besoins différents. La plupart du temps, ils sont par contre comblés par la vie de classe et l'équipe des adultes qui l'entoure. Mais que souvent, il faut aussi être vigilant et veiller sur notre plus grande richesse: nos enfants. Comme maman et enseignante, je ne trouve pas ça facile. Je ne veux pas être étiquetée à mon tour, pourtant, c'est ce que je suis: la maman de deux enfants différents, ayant des handicaps et des besoins particuliers.

Alors, comme parent, je vais faire de mon mieux et si un jour, je ne vois plus les yeux de mes enfants briller, je saurai qu'il sera temps de nous réajuster... Et si jamais on vous appelle et on s'inquiète pour vos enfants, s.v.p., après la grosse boule dans la gorge et votre propre peine, prenez quelques minutes pour vous mettre à la place de votre enfant. Est-il heureux? Depuis quand n'avez-vous pas vu des étoiles dans ses yeux? Un sourire aux lèvres?

Intégrer ou pas un enfant, là n'est pas la vraie question. L'intégration ne se vit pas qu'en classe, c'est une question de société. C'est aussi malheureusement un sujet des plus politisés, mais au-delà de ces préoccupations financières et sociales, est-ce que nos enfants sont heureux là où ils sont? Que peut-on faire, nous, comme parent, à la base?

Et vous, quelle est votre vision de l'intégration?

A-t-elle changé depuis les dernières années?

Depuis que vous êtes parent?


mercredi 18 mai 2011

Qu'est-ce qui vous fait sourire?

Moi, qui sourit encore pour une raison ou une autre...* Et vous,
qu'est-ce qui vous fait sourire?

Dimanche dernier, je suis allée visiter une exposition d'art au gymnase de l'école du village. Je ne savais pas qu'il y avait un comité des arts et je n'avais aucune attente. J'étais accompagnée de ma fille et de ma belle-mère et dès notre arrivé, j'ai été attirée par des paravents sur le côté. Je m'y suis dirigée et j'ai redécouvert ma maison-bonheur et sa campagne dans les aquarelles présentées, toutes en douceur et en lumières...

Captivée, je les regardais quand un vieux monsieur me demanda pourquoi je souriais. Je ne m'en étais même pas rendue compte! Je ne savais pas quoi répondre. Il me redemanda encore pourquoi je souriais ainsi en regardant ses oeuvres. Heu!?! Je lui ai répondu que je les trouvais belles, particulièrement une qui ressemblait à une vieille grange proche de chez moi et que cela me faisait sourire. Que j'étais comme ça (j'avais oublié la peur du ridicule à la maison !), que je souriais souvent ainsi...

Alors là, j'ai eu toute une surprise. Le vieux monsieur a sorti quelque chose de sa poche et il m'a offert un signet plastifié représentant son oeuvre. Comme ça. Sans rien me demander. Juste pour mon sourire. Je suis donc repartie avec un cadeau précieux, un projet personnel pour la prochaine année (moi aussi je peins et je dessine!) et encore toute émerveillée par ma belle rencontre.

Et vous? Qu'est-ce qui vous fait sourire?
Est-ce que vous vous êtes déjà posé cette question?
En avez-vous déjà fait une liste?

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Voici une liste des dernières choses qui m'ont faite sourire:

:: mon fils qui répond avec tellement de simplicité et naïveté à mes questions existentielles et mes réflexions comme "j'ai tellement faim!", "bien, mange maman!" :-)
:: un vidéo partagé par Patrick Lagacé
:: mon papa qui dévorent mes crêpes comme si c'était son dernier repas
:: mes enfants qui se disputent mon gel de bain à la framboise de Dr Maman
:: les textos de mon chum en voyage d'affaire dans la grosse pomme
:: les dessins de ma fille
:: mon frère qui me parle de son manque de sommeil et de ses jeunes enfants (fini pour nous!)
:: le ciel enflammé quand le soleil se couche, le ciel rosé quand il se lève
:: les veaux qui galopent et dansent derrière chez nous, les oiseaux qui dévorent nos graines, etc..
:: le gâteau des anges préparé avec Fiston pour l'anniversaire de ma mère et surtout la réaction de ce dernier en le mangeant: le gâteau de Transformer dont il nous casse les oreilles depuis quelques mois a pris le bord, notre shortcake aux petits fruits** est le meilleur gâteau au monde!
:: mon premier café, mon deuxième café, tous les cafés!
:: les fleurs de pommiers, la lavande, les trilles,
:: des couples, jeunes, vieux, mais surtout amoureux!
:: mes hommes qui essayent de faire un feu
:: jouer au Scrabble, lire au soleil, écrire,
:: etc...
:: bref, un peu n'importe quoi!

* La photo a été prise par une amie blogueuse
** Pour réaliser notre super recette, ça prend une boîte de mélange à gâteau des anges Betty Crocker Blanc, de la bonne crème fouettée (500 ml de crème 35% + un peu de vanille et de sucre à l'oeil), tout plein de bleuets, de mûres, de framboises et de fraises!

vendredi 13 mai 2011

Contribuez à votre assurance-morale!


Présentement, c'est la course, ça va trop vite, les bonnes et les mauvaises nouvelles s'accumulent et j'en perds le fil!

Heureusement, il y a les enfants et leurs nombreux besoins et désirs quotidiens, la nature merveilleuse qui se réveille et cette maison-bonheur, notre maison-bonheur, qui nous apporte espace, calme et paix.

Il y a aussi mon assurance-morale! Vous savez, ces petites choses si importantes qui font toute la différence quand on a le caca bas. Ce courriel venant d'une amie, un texto d'une autre, des bras accueillants pour s'y lover et parfois même pleurer, une copine qui nous ouvre la porte de son bureau et nous y accueille sans compter les minutes, nos collègues qui un matin, vous retournent à la maison en disant, "là, tu retournes chez toi te reposer, on va s'occuper de tout"*.

Il y a aussi un rendez-vous sur Facebook qui me fait le plus grand bien, qui me vient d'une autre maman qui en a plein les bras elle aussi avec ses deux enfants. Malgré son horaire chargé, elle m'écrit une petite phrase quotidienne. Nous en avons déjà parlé ici et là.

Et cette amie qui va chercher nos enfants et nous invite à souper même après sa grosse journée à elle quand on est dans le pétrin. Et notre belle-mère qui viendra nous donner un coup de main alors que Papabooh! part pour une semaine à l'extérieur.

Il y a aussi ces petits gestes gratuits qui nous arrivent comme ça, qui mette du soleil dans nos journées, une porte tenue, un compliment sur notre travail de maman, un je t'aime prononcé clairement pas notre enfant, un deuxième café, etc...

Et quand c'est possible, on donne à cette assurance-morale à notre tour! Et ainsi de suite... On donne, on reçoit, on s'entoure, on entoure, on créé un mur invisible qui éloigne les méchants et nous offre des coussins gonflés à la compassion, l'amitié, la douceur et à l'assurance-morale.

Et vous, quelle est votre assurance-morale, comment vous y contribuez ?

* Merci à toutes les personnes qui se reconnaissent....

jeudi 5 mai 2011

LEDP ou l'échelle de la peine


Depuis ce matin, je n'ai pas eu une minute à moi pour m'asseoir et écrire, mais dans ma tête, ça tourne, ça roule et ça compose!

Avec les derniers évènements qui se sont produits tant dans ma vie personnelle que professionnelle, j'ai commencé à réfléchir à un nouveau concept qui pourrait nous aider à évaluer notre peine. Bien oui! Pourquoi pas une échelle de la peine, il existe déjà celle de la douleur, celle de Richter, celle de la colère, non?

Ainsi, on pourrait mesurer une peine aux nombres de bières ou de coupes de vin de bues (rousses et rousses de préférence), aux bols de céréales de mangés (je suis passée au travers ma nouvelle boîte de Cheerios au chocolat en une soirée*), aux kilos de graines de gazon de semées (excessive, je suis rendue à 9 kg depuis lundi soir), aux réveils nocturnes même quand tu n'as plus de bébé, aux "crises de pétages de boutons" et aux rongeages de doigts, etc...

Ainsi, on pourrait éviter de longues conversations en disant tout simplement son score du jour pour justifier une journée de congé ou l'achat du nouvelle bébelle. J'imagine bien remplir un formulaire en écrivant à la ligne raison de l'absence: LEDP 8/10. Ou encore arriver devant un bar ou un centre de soins et de demander un spécial LEDP 6/10... Une vignette affichant notre cote du jour à la porte de notre bureau pourrait nous renseigner rapidement notre entourage que nous sommes dans une situation délicate et que les larmes ne sont pas loin (et que c'est pour ça qu'on s'enferme!).

Notez aussi que toutes les peines confondues seraient valables, que ce soit pour la perte d'un être cher ou même d'un animal, une mauvaise nouvelle, une maladie ou juste une petite péripétie, on ne pourrait juger celles des autres une fois les cotes établies. C'est vrai, qui suis-je pour déclarer que l'ongle cassé d'une est moins important que le match de perdu pour un autre?

De plus, les cotes pourraient fluctuer dans la même journée comme à la bourse! Personnellement, depuis hier, je suis passée de 2 ou 3 jusqu'à un gros 9 aujourd'hui quand je me suis permise une grosse crise de larmes (dans un bureau, la porte fermée, avec une personne de bonne écoute) alors que ce soir, je suis revenue à un état plus viable et stable. Ouf!

Mais attention, un élève que j'apprécie beaucoup a récemment été opéré pour une péritonite. Lorsqu'on lui a demandé d'évaluer sa douleur sur une échelle de 1 à 10, il a répondu 3 alors qu'il devait souffrir le martyr. Comme quoi nous ne voyons et ne sentons pas tous les choses de la même façon...

Et vous, aujourd'hui, quelle est votre cote sur l'échelle de la peine?

* Si vous cliquez sur Cheerios, vous pourrez essayer vous aussi mes nouvelles céréales gratuitement! Je pensais prendre seulement un bol, mais c'est certainement mieux qu'un sac de chips, non?

mardi 3 mai 2011

Démence


Ce mot me fait peur. Il est laid, trop proche de démon, et plusieurs images affreuses me viennent en tête quand je le lis. Il me fait penser à tout ce que j'essaie d'éloigner le plus possible de mon fragile équilibre: folie, déséquilibre, excès, pulsion, etc...

Plus jeune, je préférais de loin utiliser le mot zinzin! Je ne sais plus d'où il me vient, mais quand ma grand-maman paternelle a commencé à avoir de drôles de comportements, des oublies et certains manques (inhibition, jugement, etc..) je disais tout simplement qu'elle était un peu zinzin...

Une autre façon de détourner la réalité avec un peu d'humour et de légèreté. Mais aujourd'hui, je n'ai pas le goût de rire. Je suis plutôt fâchée et triste à la fois. Mon coeur et ma raison s'emballent, comme si un des deux pouvait gagner à la loto des sentiments alors que je suis en pleine tempête intérieure.

J'ai le goût de crier, de pleurer, de sacrer... Mais rien ne sort. Je me suis permise un calvaire en gros caractère et c'est tout. Il faut dire que je n'ai pas eu beaucoup le temps de penser, de relativer et de faire le point. Pourtant, je me doutais bien que quelque chose n'allait pas.

Suite à une visite à la clinique de la mémoire, mon papa a consulté un neurologue et fait quelques tests dont un IRM et un EEG et aujourd'hui, le diagnostic est tombé: démence vasculaire.

Pas de traitement, pas de pilule miracle, pas de pronostic, pas de plan de match. Niet. Nada. Noting. Rien. Sauf de la rééducation en centre de réadaptation avec une orthophoniste et une ergothérapeute et un suivi régulier pour voir l'évolution de la maladie.

Orthophoniste? Ergothérapeute? Centre de réadaptation? Non mais, c'est quoi le problème? Pourquoi en plus de mon fils et de ma fille, mon papa aussi!!! Pourquoi nous encore? Qu'est-ce que je dois comprendre? Au delà de mes sentiments de culpabilité et d'impuissance face à mes propres enfants et leurs extras, là, je me sens dépassée par ce qui arrive à mon papa et j'ai peur. Peur de ce qui s'en vient, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être capable de concilier tout ça. Peur de ne pas être capable de vivre tout ça.

À force de fréquenter les orthophonistes, les ergothérapeutes
et les centres de réadaptation, c'est moi qui va virer zinzin...