dimanche 22 avril 2012

"Je suis chanceuse!"

Jeudi dernier, alors que je suis en train de donner mes coordonnées à un réceptionniste pour une consultation médicale sans rendez-vous, il me lance: "Je n'ai jamais entendu ça, ce nom-là!".  Je lui réponds que c'est en campagne, au milieu de nul part.  Il enchaîne en disant: "wow, à la campagne, vous êtes vraiment chanceuse!".  Je le regarde dans les yeux en lui répondant, oui, je suis chanceuse. "Ho!  Et vous le savez en plus?".  Oui, mon petit monsieur, je le sais et je l'apprécie...   

Je suis retournée m'asseoir dans la salle bondée et méditant sur cette échange.  Oui, je suis chanceuse, ou étoilée, comme j'aime bien m'exprimer avec une copine, de vivre dans ce bel endroit.  Mais, s'il savait tout le reste, je ne sais pas s'il me trouverait si chanceuse que ça. S'il changerait de place avec moi.

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Des fois, la vie nous envoie comme un coup de fouet et en réalise qu'on n'est vraiment pas prêt pour passer de l'autre côté... Surtout quand un grand morceau de fer (8 pieds!?!) apparaît devant ton véhicule en sortant du tunnel de la 25! Il venait d'où? Aucune idée (d'en haut?), seulement la certitude que je n'étais pas prête pour le grand départ.


Là, Je me suis trouvée vraiment chanceuse...


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Il y a quelques semaines, j'avais demandé à mon chum s'il pouvait aller passer un week-end dans sa famille, avec les enfants, pour que je puisse me reposer et plonger dans la TO DO liste qui se pare de rouge de plus en plus.  Hier, c'était donc le grand jour, 24 heures juste pour moi, pour dormir, manger, aller aux toilettes, me laver et faire toutes ces petites choses librement avec lesquelles ont doit faire preuve de doigté et d'une grande organisation quand on est en famille. Voulant en profiter au maximum, je n'avais rien de planifier, aucun engagement, aucun r.v. de pris (même si mes épaules semblent soudées en un seule bloc).

J'ai finalement passé la journée avec mon papa.  Même si je savais que je bousillais une grande organisation (mon chum + ses parents + des attentes que maman soit reposée et que les corvées du week-end soient avancées), je n'étais pas capable de le laisser seul en sachant qu'il avait des besoin de soins, mais que ces derniers n'étaient pas encore organisés.  Nous sommes donc allés dévaliser la pharmacie en achetant des breuvages et des pudding de plusieurs saveurs pour lui offrir une alimentation plus adaptée à ses besoins.  J'ai même découvert que je pouvais épaissir non seulement son eau, mais aussi son petit verre de vin!  Si vous aviez vu ses yeux à sa première gorgée, il était tellement heureux.  

En soirée, j'ai reçu un appel de lui, j'ai eu beaucoup de difficultés à comprendre ce qu'il voulait me dire (même si je suis assez douée de ce côté, non?) jusqu'à je fasse un lien avec une de nos conversation.  Mon père, mon papa, m'appelait moi, sa grande fille, pour que je n'oublie pas de fermer toutes les portes à clés, même celle du sous-sol, comme j'étais seule pour la nuit, dans ma noire campagne.   Il s'inquiétait pour moi, alors que lui peut s'étouffer à chaque bouchée...  Je l'ai rassuré, les larmes aux yeux.


Mon papa se faisant chouchouter par le coiffeur



À ce moment, je suis sentie choyée, voire même chanceuse.







dimanche 15 avril 2012

Ainsi va la vie qui va



Il fait plus doux, on retrouve de vieux jouets oubliés, on entend les oies et les mouettes qui se disputent les champs avoisinants, on aperçoit un renard, on croise des canards insouciants au milieu du rang, le ciel se part de mille couleurs, de jeunes pousses pointent dans les plates-bandes, etc...

Une semaine vient de se terminer, une de celles dont qu'on ne croyait pas voir le bout.  Puis, on réalise qu'on est samedi, que demain, on aura encore une journée de congé, qu'on devrait pouvoir continuer à fonctionner sur un mode "économie d'énergie" en ne faisant que le minimum.

Après une journée moche, où l'on tire de la patte, que l'on retient trop souvent ses larmes, on sort quelques instants dehors pour faire un truc et quelque chose de magique se produit.  Le temps s'arrête, on se retrouve à jouer les deux mains dans la terre à côté des enfants, des paroles de Jean Leloup en tête...

Ainsi va la vie qui va, ha!


vendredi 6 avril 2012

Après le multitâche, voici le multipanne!

Eh!  Oui!

Je viens officiellement de lancer un nouveau mot: le multipanne!  Ça vous parle?  Ça vous donne des idées?

C'est un peu comme le retour du balancier de la femme moderne qui concilie travail-vie de famille comme dans  jeunes enfants, emplois prenants, études,  loisirs, intérêts, passions, relations amoureuses, amicales et professionnelles, etc...

Superwoman est fatiguée.  Déjà que le super la gênait beaucoup alors qu'elle avait seulement l'impression de ne faire que de son mieux comme on ferait un devoir demandé, sans trop se poser de questions.  C'est ainsi, quoi!

Mais parfois, on est choyée, on reçoit particulièrement beaucoup de défis en même temps.  On continue d'avancer, sans encore trop se poser de questions, mais on remarque un certain essoufflement.

On oublie un r.v., on n'arrive pas à retourner ses appels, on perd ses clés d'auto et dvd du centre vidéo (sans parler de toutes les amendes payées à la biblio), on égare sa carte de crédit, celle-là même qui nous sauve la vie parce qu'on n'a plus le temps de gérer ses finances.

On égare les rapports, on mélange les intervenants, on oublie quand notre fils a dit son premier mot et on se sent terriblement coupable devant cet air incrédule d'un intervenant. On a des conflits d'horaires terribles, une repousse pleine de sagesse d'un pouce qui nous déprime, on roule sur la réserve de secours pour éviter un arrêt, etc...

Mais, on est toujours fidèle au poste pour son père parce que cela est inscrit dans nos valeurs.  On chatouille son plus jeune le matin, on bavarde comme deux ados avec sa grande avant son dodo, on lance des becs soufflés à son homme et lorsque l'on croise un miroir, on ne reconnaît plus ce visage qui est le sien.

Puis, un soir, on regarde son ordi sans le reconnaître, on a oublié comment l'ouvrir, les bons livres s'empilent sur la table du salon, les revues restent dans l'entrée toujours sous cello, juste l'idée de prendre un bain nous épuise, on rêve de... Quoi déjà?

Bref, je suis en mode multipanne.

Panne d'énergie, panne d'inspiration, panne d'organisation, panne d'écrire, panne de création, panne de mémoire, panne de motivation, panne tout court.  Et comme j'aime mon père et mes enfants, comme ils sont dans ma vie et que je ne peux me permettre de tomber en panne sèche,  je vais couper le contact.   Quelques temps.